15 janvier 2010
Lilith la rebelle
Le récit de la Genèse conservé dans la Bible présente Eve comme la seule compagne de l'homme, mais le Zohar, puisant à des sources non expurgées, explique comment l'être humain primordial fut créé androgyne, mâle et femelle : "Dieu fit l'homme parfait. Il le forma mâle et femelle et la femelle comprise dans le mâle. [...]
Ensuite, Dieu fendit Adam, en sépara la femelle et il prépara la femelle, telle qu'on prépare une fiancée et qu'on la pare pour l'introduire sous le dais nuptial. [...] Aussitôt que Lilith vit cela, elle prit la fuite et se sauva au-delà des mers où elle se tient constamment, prête à fondre sur le monde".
Lilith, la démone, la rebelle, la "femelle" ayant préfé s'enfuir "'au-delà des mers" plutôt que de se contenter d'être la "fiancée" d'Adam, c'est-à-dire la femme soumise à l'homme, serait ainsi la "moitié d'orange" d'Adam, son âme-soeur en exil, ou plus exactement son esprit rebelle.... Ce n'est qu'après sa déroute que Dieu aurait donné à Adam une autre compagne, Eve. [...]

Michel-Ange, Notre-Dame-de-Paris
Ce que Lilith a refusé, c'est d'être séparée de l'homme pour lui être ensuite soumise. Sa rébellion à Adam et à Dieu peut s'expliquer par une sorte de "revendication féministe" - Lilith est l'égale d'Adam, et ne peut pas être dominée par lui. Mais il y a une autre raison plus essentielle : par la séparation de l'androgyne primordial, Dieu inflige à sa créature une blessure cruelle, une amputation d'une partie de soi-même. De parfait, entier, achevé, "divin", Adam devient scindé, divisé, "dia-bolisé". Ce que Lilith ("l'esprit") refuse, c'est la perte de l'unité divine. C'est pourquoi elle s'oppose, après en avoir été détachée "par l'esprit"', à s'unir à Adam "par la chair". Partie intégrante de l'homme, elle ne voit pas pourquoi elle deviendrait "sa" femme. [...]
Lilith est souvent représentée sous la forme d'une femme-serpent, au corps couvert d'écailles. Parfois elle est assimilée au serpent de la Genèse, qui est aussi le serpent de l'initiation. Lilith, l'"esprit rebelle", figure en effet le modèle de l'initatrice, du serpent tellurique et aussi de la Grande Déesse Mère telle qu'elle fut adorée dans l'Egypte ancienne ou dans la religion minoenne, en Crète, jusqu'en 1500 avant J.C.
La Kabbale rapporte une autre légende liée à Lilith ; lorsque Dieu façonna son corps, après celui d'Adam, il se trouva à cours de matière au moment de fabriquer son cerveau. Pour remédier à cela, il enleva les parties génitales de leur emplacement naturel (rendant Lilith impropre à la fécondation) et les greffa à la place du cerveau, transférant la sexualité de la démone sur un plan purement psychique. [...]
Le mythe de Lilith, femme dominatrice et rebelle, vampire et goule, se rencontre dans d'autres mythes anciens. On la trouve notamment associée à l'archétype de la Grande Déesse Mère, l'Alma Mater, terrienne et tellurique, liée aux rites de mort et de fécondation. La Grande Mère des origines, Gaïa, la Terre, est l'égale du Père, Ouranos, le ciel, dans la création de toute chose. Elle est celle qui donne la vie et qui la reprend, gardienne du passage qui conduit à la vie (la naissance) ou qui mène aux enfers (la mort). Son sexe et son ventre sont des métaphores du monde souterrain, séjour des morts (elle est alors Perséphone, la gardienne des enfers) et lieu de gestation et de fertilité (elle devient Déméter, déesse des moissons). Elle est l'intermédiaire obligée entre ici-bas et le monde d'en haut, entre l'intérieur et l'extérieur. [...]
La sorcière, grande prêtresse de Satan, apparaît ainsi comme un double de Lilith, le diable femelle.
Les sabbats, rituels démoniaques et autres pactes sataniques, tels qu'ils nous sont rapportés par les textes ou l'imagerie populaire, mettent en effet presque exclusivement en scène des femmes. [...] Pourquoi les femmes succomberaient-elles plus facilement que les hommes aux oeuvres du Malin ?
Il est clair que cette préférence démoniaque touche au mystère de la sexualité et de la fécondité, évoqués plus haut dans les archétypes de Lilith et d'Eve. Les femmes, en effet, ont le redoutable pouvoir de donner naissance. La maternité rend les femmes démiurges : elles créent des êtres de chair et de sang, grâce à une alchimie miraculeuse et secrète à laquelle les hommes ne pourront jamais prétendre. Ce pouvoir féminin sur la vie a, pour l'homme, quelques chose de fascinant et d'effrayant. Ce que l'on ne connaît pas fait toujours peur. Une femme enceinte ou en couches acquiert une dimension sacrée, occulte, magique. Comment ne pas relever d'étranges équivalences entre l'acte sexuel et la sorcière à califourchon sur son balai ; entre le ventre rond d'une femme enceinte et le chaudron enchanté de la sorcière ; entre les cris et les souffrances de l'accouchement et les sacrifices de nouveaux-nés à Satan ? Il semble bien que la "sorcière" ne soit jamais qu'un reflet angoissé de la femme devenant mère dans l'imaginaire masculin.
Ce reflet inversé de la maternité trouve sa représentation archétypale dans la sorcière. Ensorcelées, les femmes deviennent tout à tour la proie et l'alliée du démon. "Femme est plus rusée que le diable", disait-on au XIIIè siècle. L'Eglise catholique romaine n'a-t-elle pas longtemps enseigné que les femmes étaient des créatures démoniaques, menteuses, fourbes et tentatrices ? Jusqu'au concile de Nicée (325), on leur dénia même le droit d'avoir une âme. Aujourd'hui encore, la non ordination des femmes au sein de l'Eglise de Rome et le célibat des prêtres sont des résurgences de cette méfiance ancienne de la réligion à l'égard du beau sexe. [...]
En vérité, derrière son masque grimaçant et son rôle de méchante, la sorcière a une vertu initiatique. Magicienne de l'ombre, elle est le ferment nécessaire qui fait lever la pâte, l'oeuvre au noir du processus alchimique, le plomb qui se transmute en or. Et ses ustensiles préférés, le balai et le chaudron, sont les symboles de cette initiation. Balai qui vole dans les airs, et relie le ciel et la terre. Chaudron où se concoctent en secret les philtres et potions magiques. Et entre les deux, le conduit de la cheminée par lequel s'envole la sorcière, pour passer d'un monde à l'autre.
Source : Edouard Brasey, Sorcières et Démons
08 janvier 2010
Le bûcher, une fête populaire
C'est par une bulle pontificale du pape Jean XXII datant de 1326 que commença l'effroyable persécution des sorcières. [...] Les procès de l'Inquisition envoyèrent à la mort quelque cent mille femmes en France, et autant en Allemagne ou en Grande-Bretagne. [...]
En tournant au génocide, la chasse aux sorcières était devenue une véritable industrie, faisant vivre plusieurs corps de métiers : les exorcistes, les juges, les geôliers, les bourreaux, mais aussi les charpentiers qui dressaient les bûchers, les artisans qui fabriquaient les outils de torture et les aubergistes qui nourrissaient les aides du bourreau avec force bière, vin et victuailles. Toutes ces braves gens gagnaient confortablement leur vie en toute bonne conscience, entourés d'honneur et de respect. [...]
Bientôt, les bourreaux trouvèrent le moyen d'augmenter encore leurs revenus : sous la torture, les sorcières étaient invitées à dénoncer leurs complices, ce qui grossissait d'autant le nombre des suppliciés. Ce qui a fait dire au jésuite Friedrich von Spee (1591-1635), l'auteur anonyme de la Cautio Criminalis et l'un des adversaires les plus ardents des procès en sorcellerie : "Souvent j'ai pensé que la seule raison pour laquelle nous ne sommes pas tous sorciers est que nous n'avons pas tous été torturés. Et il y a de la vérité dans ce qu'un inquisiteur a osé récement dire, en manière de vantardise, à savoir que s'il pouvait atteindre le pape, il lui ferait avouer qu'il est, lui aussi, sorcier." Alors qu'il était âgé d'à peine trente ans, ce clerc avait répondu à l'évêque de Wurtzbourg, qui lui demandait pour quelle raison ses cheveux étaient devenus prématurément gris : "De pitié pour les nombreuses sorcières que j'ai préparées à la mort ; car aucune n'était coupable. "
Le Bûcher, une fête populaire
Même si l'idée nous paraît atroce, insoutenable, nous devons savoir que les exécutions en masse de prétendues sorcières étaient considérées comme des occasions de grandes réjouissances populaires. En effet, le lieu du châtiment n'était plus le gibet placé l'extérieur des murs de la ville, mais se situait au beau milieu des places publiques. A proximité du bûcher se trouvaient des étals et des éventaires où l'on pouvait se restaurer, mais aussi acheter des souvenirs, des chapelets, des images pieuses ou des brochures édifiantes éditées pour l'occasion. Parfois, près d'une centaine de sorcières étaient brûlées le même jour. L'odeur insupportable des chairs grillées se mélangeait aux odeurs de mangeaille, de bière et de vinasse, excitant le plaisir hystérique du bon peuple avide de sang. [...]

Les dernières grandes exécutions de sorcières ont eu lieu jusqu'au milieu du XVIIè siècle. [...] En France, une sorcière fut brûlée par des paysans à Bournel, en Lot-et-Garonne, le 28 juillet 1826, et une autre fut jetée dans un four à Camalès, canton de Vic-de-Bigorre, en 1856. Ces pauvre femmes furent les dernières victimes de quatre terribles siècles de chasse aux sorcières.
Source : Edouard Brasey, Sorcières et Démons.
06 janvier 2010
Pan, le Tout Primordial
Dieu des Cultes Pastoraux, Pan possède un corps à moitié humain et à moitié animal. Barbu, velu, cornu, il a des jambes de chèvre aux sabots fendus et des yeux rusés étirés sur les tempes. C'est un satyre à l'appétit sexuel démesuré, qui assaille indifféremment les nymphes et les jeunes garçons ; à défaut de proies, il se livre à l'organisme, tant sa sexualité est exigeante. Il vit dans les forêts, et sa couleur est le vert. Son nom, Pan, signifie "Tout", et le Grand Pan désigne le Grand Tout, l'énergie primordiale et féconde propre à l'univers et à la vie, dont l'expression peut être parfois anarchique et chaotique. Il incarne la puissance des éléments de la nature, dont le déchaînement provoque une "peur-panique", signe de l'affolement des sens et de la raison qui saisit quiconque se trouve en contact avec ce dieu avide et désordonné, à notre ressemblance.
L'Eglise catholique romaine, on le comprend, n'a eu aucun mal à métamorphoser un pareil dieu en diable satanique, en bouc cornu des sabbats. Certains auteurs, notamment dans le regsitre du romantisme noir et du fantastique, ont à leur tour retenu l'assimilation du Grand Pan au diable, en décrivant l'effroi glacé qui saisit l'être humain suffisamment inconscient pour regarder en face ce dieu redoutable.
Cette terreur ressentie par quiconque rencontrait le dieu Pan est au coeur de l'oeuvre des grands écrivains du fantastique noir du XXè siècle : citons, entre autres, H.P.Lovecraft et Gustav Meyrink, qui dans son roman Le Visage Vert évoque le mythe du Chidher (ou Chadhir, ou El-Chidr), à savoir "le prophète vert" de la tradition islamique. Chidher, "le Vert", ou encore Huzur dans les traditions ésotériques de l'islam, a bu de l'eau de vie et ne mourra qu'au son de la trompette du Jugement dernier. Il peut être assimilé à l'Hermès Trismégiste égyptien, à saint Jean, au prophète Elie ou encore au dieu Pan. Il est l'"Homme Vert", à savoir l'homme de chair incarné sur terre, proche de l'état de nature, se régénérant chaque année au printemps jusqu'à ce que, à la fin des temps, il meure à lui-même, en quittant son enveloppe charnelle (symbolisée par le vert) pour accueillir le Messie et se fondre dans la claire lumière de Dieu.
Pan, c'est avant tout le Dieu Vert, celui qui n'a jamais renié ses origines terriennes et sylvestres, c'est le Dieu Sauvage qui se couche au pied des arbres et comprend le langage des oiseaux. C'est le Cornu, dont les deux cornes sont les antennes qui lui permettent de capter les messages du ciel. C'est le Magicien aux pieds agiles, qui souffle dans sa flûte et nous convie à danser autour d'un feu de joie. Pan, c'est le pouvoir de l'enfance et du jeu, la force du rire, la soif de l'amour, la communion avec la nature immense et vierge. Pan, c'est la revanche de la campagne et des forêts sur les villes ; c'est l'état sauvage contre celui de civilisé ; c'est le monde de l'intuition et de l'"éveil" s'opposant à celui de la raison ; c'est la magie contre la science. [...]
Bien que pourchassé par l'Eglise de Rome, le sabbat des sorcières serait donc moins une hérésie satanique que la manifestation d'une religion pré-chrétienne, s'enracinant aussi bien dans l'Antiquité grecque et romaine que dans les anciens cultes celtiques et germaniques. La sorcière adorant le "diable", rival noir de Dieu, cacherait en réalité une authentique prêtresse de Pan et une adepte du panthéisme, pour laquelle tout est Dieu, car Dieu est partout, dans chaque objet et dans chaque être vivant. Le dieu Pan est partout : dans les hommes, les animaux, les arbres, les plantes, les pierres, le vent qui souffle dans le soir. Pan désigne la gloire de Dieu sur terre. Car le dieu Pan affirme que Tout est Dieu.
Edouard Brasey, Sorcières et Démons
23 décembre 2009
Mandala de Yule
Joyeuse fête de Yule à tous !
J'ai célébré mon Sabbat hier soir, après un mois de décembre bien surmené. J'en ai profité pour dessiner un mandala, c'est ma lubie en ce moment, rien de tel pour faire le vide et lâcher-prise...
Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'avoir en plus grand, si vous aviez envie de le colorier.
C'est aussi un mandala à colorier que je propose dans le n°4 de Lune Bleue, qui vient tout juste de sortir !
Encore des articles intéressants, des initiatives à découvrir, de jolies idées et plein d'astuces !
Pendant que je pars quelques jours au vert, en famille, je vous souhaite une bonne lecture ! :-)
06 décembre 2009
L'après-vie
Il y a longtemps, la mère que je suis avait décidé de ne pas se reproduire. Des personnes, scientifiquement mieux armées que moi, m'avaient fait admettre que la vie ne pouvait qu'être limitée en durée, que l'individualité siégeait dans le cerveau, que la conscience n'existait chez l'humain que parce que son cerveau était plus volumineux que celui des autres espèces. Je trouvais stupide d'infliger à son hypothétique progéniture un contexte aussi dénué d'intérêt que celui de vivre pour la minute, en tentant d'oublier chaque jour un épilogue aussi certain qu'insatisfaisant. En parallèle, ma vie socio-professionnelle stagnait tellement dans sa médiocrité monotone, qu'elle aurait bientôt régressé.
Plus tard, l'étude de l'astrologie fit vaciller mes certitudes, en contredisant tout ce que ces mêmes scientifiques revendiquaient fièrement savoir. Prenant conscience de la prétention de cette science qui ignorait, voire méprisait d'autres sciences non moins respectables, je vis s'ouvrir un océan de possibles spirituels dans tout ce que "la" science refusait de gratifier de ses recherches. Je m'amuse d'ailleurs aujourd'hui à voir certains de ces mêmes scientifiques se hasarder à des explications rationnelles de ce que pourrait être la "catastrophe de 2012", c'est à mourir de rire. Mais économisons notre mépris, eu égard au nombre de nécessiteux (Chateaubriand).
Mon thème natal me fit également réaliser une faculté que je me méconnaissais ; celle de percevoir de forts messages de l'inconscient, ce qui semble m'être périodiquement confirmé au fil de mes lectures et de mon expérience (cette impression de voir accréditées, très régulièrement, des thèses qui recevaient la faveur de mes croyances). Reste à savoir de quoi l'inconscient provient (cerveau ? inconscient collectif ? forme de mémoire individuelle ancienne ?) mais là n'est pas la question pour le moment. Comprenant qu'avec les sceptiques je n'avais fait que perdre du temps, je me remis en marche sur le Chemin vers des hypothèses que je souhaitais mettre à l'épreuve, et plus tard je décidai que j'aurai des enfants.
Quand j'ai lu pour la première fois l'"Après-Vie" d'Hélène Renard, il y a environ 3 ans, la persistance d'une forme d'existence individuelle après la mort du corps ne faisait plus aucun doute dans mon esprit. C'est d'ailleurs amusant de constater comme ma vie matérielle s'est toujours plus pleinement réalisée quand j'étais plutôt dans une période de foi que dans une phase de doute. Comme si le doute me paralysait, et que cette apathie retentissait sur tous les aspects de ma vie. Au contraire, dès qu'il me semble comprendre le mécanisme subtil de la vie dans sa globalité, je redeviens créative, inspirée et, me semble-t-il, plus lucide (consciente ?) dans tous les domaines. La vie étant créative par essence, cela me laisse à penser que cette foi, bien qu'égo-satisfaisante, soit en accord avec l'ordre de l'univers et de la Nature.
Plus récemment, au détour d'une "découverte scientifique" que je trouvais relatée sur un forum, le doute me fit violemment faire marche arrière. Alors je l'ai relu.
Sur un forum toujours, j'avais un jour entendu quelqu'un écrire : "à la différence de beaucoup d'entre vous, moi je ne crois pas, je sais". J'enviais cette absence de doute assumée, que je ne saurais revendiquer malgré cette intime conviction tenace. Toutefois, je ne comprendrai jamais pourquoi la mort est si taboue dans nos sociétés occidentales modernes ; cette volonté de nier, de cacher, de taire cette fatalité commune à tous pour tenter d'effacer sa réalité. Pourquoi l'harmonie parfaite et la complexité inconcevables d'un corps humain et de la Nature dans sa globalité, n'ont-ils pas raison de l'arrogance scientifique et matérialiste ? Pourquoi les rationalistes s'affirment-ils sans complexe, revendiquant la supériorité de leur intelligence, là où les "croyants" n'osent se dévoiler qu'en huis-clos ? Pourquoi des milliers de témoignages sur l'après-vie concordent, mais se taisent face à l'attitude de la société occidentale moderne toute entière ? La Vie ne saurait-elle exister qu'en étant matière, visible et palpable ? Je crois que nous sommes plus que la rencontre hasardeuse de molécules et d'atomes, que dis-je, je sais.
Apaisée et éclairée, je vais pouvoir reprendre ma route là où je l'avais arrêtée, sur la voie des Séphiroth de la Kabbale, qui se posent actuellement comme mes chaînons manquants entre l'astrologie, la magie, la Nature (par les plantes), le corps et la question des différents plans d'existence. La Wicca a certainement sa place dans cet ensemble, mais en tous cas, ce n'est pas ma route.
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Léon Denis, autre grande figure du spiritisme, avance une explication étonnamment "moderne" :
"Notre connaissance de l'univers se restreint ou s'élargit selon le nombre et la finesse de nos sens... Si, par la suite du développement organique de certains êtres dans leurs divers milieux appropriés, leurs moyens de perception leur permettaient d'entrer en relation avec ceux dont l'organisation est différente, il n'y aurait là rien de surnaturel ou de miraculeux mais simplement un ensemble de phénomènes naturels soumis à des lois encore ignorées. Or c'est précisément ce qui se produit dans nos rapports avec les esprits des hommes décédés, dans tous les cas où un médium peut servir d'intermédiaire entre les deux "humanités", la visible et l'invisible. Dans les phénomènes spirites, deux mondes dont l'organisation et les lois reconnues sont différentes, entrent en contact et sur cette ligne, cette frontière qui les sépare mais qui s'efface, le penseur voit s'ouvrir des perspectives infinies. Il voit se dessiner les éléments d'une science de l'univers beaucoup plus vaste et plus complète que celle du passé quoiqu'elle en soit le prolongement logique. Et cette science ne vient pas détruire la notion des lois actuellement connues, mais l'élargit à de vastes proportions (note de l'auteur : de même façon que les théories de la relativité n'ont pas réduit à néant celles de la physique classique fondée sur l'espace euclidien - toujours valable à notre échelle- mais les ont élargies, étendurs et appropriées à une échelle beaucoup plus vaste)."
Cette vision d'une science unifiée, unifiante, de l'univers, conçue aux environs de 1900, est bien la même, reconnaissons-le, que celle des plus avancés scientifiques actuels... qui admettent tous que la matière ne se limite pas à ce que nous en voyons, savons ou pouvons capter sur des instruments par nous fabriqués. De là à admettre qu'il y a réellement un monde invisible, il n'y a qu'un pas...
Car ce que capte le médium pourrait bien être une forme d'énergie. Ce qui impliquerait d'admettre que la survivance se ferait sous forme énergétique, sous une forme ou une autre (lumineuse, calorifique ?). On sait que l'énergie se conserve ; on peut aussi démontrer que l'énergie conserve des informations. On peut donc envisager qu'elle puisse être le support matériel de ce qui a fait un individu, de la somme des informations qui ont constitué son individualité.
Hélène Renard, l'Après-Vie







