L'Atelier enchanté

Le blog d'une apprentie sorcière

23 mars 2009

Floraisons

Chaque année, je suis totalement subjuguée par l'éclat éphémère des tulipiers en fleurs. Toute la magie du monde me semble résumée dans ces pétales, qui demain s'envoleront déjà.

Avant qu'il ne devienne un arbre aussi éblouissant lors de l'équinoxe, il faut déployer des années de patience. Mais le spectacle, si bref soit-il, procure un émerveillement intact à chaque tour de roue...

tulipier

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19 mars 2009

Reminiscences païennes de Carnaval

A l'issue du Carnaval, le Petassou a été jugé et brûlé en place publique.

petassou

Pétassou est le diminutif de "pétas" : pièce d'étoffe qui sert à raccommoder un vêtement. Le Pétassou est celui qui porte un habit rapiécé. De fait le costume du Pétassou de Trèves était confectionné de centaines de lanières d'étoffes multicolores, rassemblées par petits paquets, que les couturières gardaient des tombées de leur ouvrage. Les garçons, ceux de la classe d'âge, connue depuis le Moyen-Age sous le titre d'abbaye de jeunesse, entre l’adolescence et le mariage, se chargeaient de collecter les "pétas" et les accrochaient sur une houppelande jusqu'à former un accoutrement hirsute et bariolé. La toison d'un homme sauvage ou d'un ours en quelque sorte (l'ours sort de sa caverne pour la Chandeleur, vigile de Saint-Blaise).
Une "blague", une vessie de porc séchée et gonflée d'air était accrochée dans le dos du bonhomme. Celui-ci brandissait un balai de genêt. Il portait un masque grotesque, des moufles, et un chapeau ou un foulard.

Pétassou sortait après la messe au son d'une musique de branle. Il agressait les spectateurs et agitait son balai en courant dans les rues enneigées. Dans l'après-midi, une seconde sortie de Pétassou avait lieu pour accompagner les garçons qui exerçaient leur droit de quête en passant de maison en maison pour recevoir des offrandes en nature, des œufs le plus souvent. Il dansait, courait, virevoltait en aspergeant les badauds. Le costume de Pétassou était brûlé chaque année au Mardi-gras sur un mannequin de paille puis jeté à la rivière. En questionnant une habitante de Trèves au cours d'un déjeuner, j'ai tenté de comprendre ce que représentait la fête du Pétassou. Comme souvent en pareil cas, rien d'essentiel n'a été révélé, mais à la fin du repas, elle me dit : "Lorsque nous étions petites et que notre mère était en colère contre nous, elle nous criait : ah, tracassiers ! vous pourrez préparer des pétas pour Saint-Blaise et lui donner le mauvais sang que vous me faites faire !" [...]. Le sens de ces paquets de chiffons serait alors chargé d'une faute, d'un péché, dont l'envoyeur se déchargerait sur le dos de Pétassou pour qu'il purge la communauté de ses culpabilités. L’homme sauvage serait le " bouc émissaire " en quelque sorte.
Il est évident qu'à Trèves nous avions un fossile vivant, l'exemplaire préservé d'un de ces innombrables bouffons de carnaval, prototype d'arlequin, directement lié au chanvre et aux souffles (la vessie), aux hommes ensauvagés, aux ours. Un ogre primitif , dont on relève la trace des Alpes aux Pyrénées.

Source de l'article : http://www.echosduchanvre.com/N-3/echosn3p2.pdf

L'énergie d'Imbolc se dissipe pour celle d'Ostara, et je n'y suis pas du tout. Je n'ai aucune inspiration, aucune idée, aucune envie, je me sens un peu vide. Je suis contemplative, j'attends. Quoi ? Ce que la contemplation m'inspirera, sans doute !

Posté par Faoni à 23:17 - Un autre regard - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mars 2009

... et les Brumes d'Avalon

Ayant à peine terminé les Dames du Lac, je suis restée sur ma faim, et j'ai enchaîné directement avec la suite, les Brumes d'Avalon.

brumes
Source image

D'ailleurs, j'ai lu quelque part que dans la version originale anglaise, il ne s'agissait que d'un seul et même livre. Livre de 1000 pages au lieu des 800 françaises, dans une casse plus petite, ce qui explique que de longs passages ont été coupés dans l'interprétation française, des passages qui auraient été intéressants pour éclairer la situation politique de l'époque, là où l'essentiel du récit se situe dans les intrigues amoureuses, les potins de la cour et les descriptions de paysages et de tenues pour jeune adolescente fleur-bleue. Sans doute était-ce un parti pris du traducteur, qui a peut-être voulu accentuer ainsi celui de Marion Zimmer Bradley, de raconter la légende arthurienne au travers du rôle des femmes (Morgane en premier plan mais aussi Guenièvre l'épouse d'Arthur, sa mère Ygerne, ses tantes Viviane et Morgause).

Concernant la fiabilité historique du récit, cela ressemble donc à du Markale au féminin. Mais l'un comme l'autre, sont sans doute une meilleure façon de s'initier aux légendes du cycle arthurien que d'attaquer direct par la mythologie celte. Cela tisse la toile de fond, reste maintenant à détailler les différentes facettes de l'histoire pour y trouver une parcelle de vérité.

Et ce n'est pas complètement désagréable, de se plonger ainsi dans le quotidien moyen-âgeux et d'imaginer les mets qui étaient servis à table d'ordinaires ou pour les jours de fêtes, les bijoux qui venaient orner les dames ou les tenues modestes qu'elles leur préféraient, les rapports qu'entretenaient entre eux les chevaliers, les duchesses, les héritiers et les suivantes, et peut-être plus encore d'imaginer l'initiation des prêtresses au service de la Déesse sur l'île d'Avalon, la musique des Druides à la harpe, le Petit Peuple aux aguets, les brumes surnaturelles qui rendaient l'île inaccessible aux profanes...

Surtout quand au quotidien, le stress gagne du terrain et qu'il déteint sur tout, l'humeur, la santé, l'efficacité...

En résumé si je devais le conseiller, je le ferais sans hésiter pour une adolescente souhaitant s'initier doucement aux légendes païennes ; je serais moins enthousiaste pour l'étudiant désirant se documenter sérieusement sur le cycle arthurien. Sauf si c'est une femme et qu'elle a envie, un temps, de s'évader de son quotidien...

Posté par Faoni à 11:04 - Bibliothèque - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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